Musique

Tournage Skinny et les Pêcheurs

Tournage d’un live sur font vert pour Skinny et les Pêcheurs

Cinq musiciens, un fond vert, et un univers qui n’existe pas encore. Cette fois, le studio ne fabrique rien : il s’efface pour laisser passer autre chose.

Tenir le cadre

28 octobre 2021 – NGCStudio. Tournage Skinny Fisherman Live Band. Cette fois, je ne porte pas le projet : je fournis le terrain. Skinny arrive avec William Jarige et Tom Desigaud, et un univers déjà bien défini : des décors 3D conçus sous Blender, un style volontairement kitsch, quelque part entre vieux jeu vidéo et rêve un peu étrange.

Le défi est simple à formuler, mais moins à résoudre : faire tenir un groupe complet sur un fond vert. Pas un chanteur seul, mais cinq musiciens, leurs instruments, leurs mouvements, leurs interactions. Le fond vert du studio est déjà en place depuis les tests précédents. Mais là, il faut l’étendre. J’ajoute un troisième pan, pour gagner en largeur et en profondeur. On ne cherche pas la perfection, mais un espace suffisamment propre pour que l’illusion tienne derrière.

Éclairer sans exister

L’éclairage devient presque invisible dans son intention. Deux FX150 en boules chinoises pour lisser, une FS300 dans une grande boîte à lumière pour structurer, quelques panneaux LED pour compléter. L’objectif n’est pas de créer une ambiance, mais de ne pas en imposer.

Réduire les ombres, garder quelque chose d’uniforme, le plus neutre possible. Laisser la place aux décors qui viendront ensuite. C’est un équilibre étrange. Habituellement, la lumière sert à raconter quelque chose. Ici, elle doit surtout ne pas gêner.

Un plateau qui s’adapte

Très vite, le studio prend une autre forme. Plus large, plus dense, mais aussi plus contraint. Il faut gérer les distances, éviter que les musiciens sortent du cadre exploitable, penser les placements sans casser leur jeu. Je suis là pour cadrer, ajuster, observer. Moins dans la construction, plus dans l’adaptation. Le lieu ne décide pas, il s’ajuste.

Ce tournage a quelque chose de différent. Ce n’est pas une expérimentation comme les précédentes, ni une production que je pilote de bout en bout. C’est un projet qui passe par le studio. Et c’est intéressant à voir. Le fond vert devient un outil partagé, le lieu se met au service d’un univers qui se construit ailleurs. Et pendant quelques heures, le studio disparaît presque.

C’est peut-être ça, aussi, une forme de maturité du lieu : ne plus être au centre, mais permettre à autre chose d’exister.