Après les premiers tests autour du fond vert et des décors virtuels du Tournage Rouge Sang : quand le studio commence à devenir virtuel, une autre question commence à émerger : est-ce qu’on peut recréer un espace crédible… sans décor ?
Août 2021 — NGCStudio. Sur le tournage de Dans la nuit, on ne cherche plus seulement à intégrer un personnage dans un décor virtuel. On essaie autre chose. Créer une sensation d’espace : pas avec des murs ou avec des accessoires : uniquement avec de la lumière. C’est là que les tests autour des LED prennent une autre dimension.
Le cube : dessiner l’espace avec la lumière
Premier dispositif : un cube lumineux. Pas un vrai cube : un cadre suggéré, construit avec des bandeaux LED autour du sujet. L’idée est simple : simuler un environnement qui n’existe pas physiquement, mais qui est perçu comme tel par la caméra. Les lumières sont pilotées en direct, en lien avec ce qui se passe dans l’environnement généré par Unreal Engine. Le studio devient une sorte de volume abstrait, qui réagit à un décor invisible. Ce qui est intéressant, ce n’est pas le rendu final : c’est la sensation. À certains moments, l’espace “existe” vraiment.
La voiture : un décor sans décor
Deuxième test : une voiture, ou plutôt, l’idée d’une voiture. On entoure le sujet avec des LED pixel, capables de reproduire des variations lumineuses : passages, mouvements, changements d’intensité. Pas de tableau de bord, ni de siège visible ou de pare-brise. Et pourtant, avec les bons rythmes de lumière, quelque chose fonctionne. On ne voit pas la voiture, mais on la comprend.
Un studio qui s’adapte
Ces tests marquent un léger déplacement : on ne cherche plus uniquement à ajouter un décor en post-production. On commence à fabriquer une partie de ce décor directement au tournage. Pas en volume, mais en perception. La lumière devient un outil de narration à part entière. Elle ne sert plus seulement à éclairer un sujet, mais à suggérer un monde. Ce type de tournage met aussi en évidence quelque chose de très concret : le studio doit évoluer. Les installations LED, pensées au départ pour de la scénographie, trouvent ici un autre usage. Le pilotage via MadMapper, les flux Unreal, les tests en Art-Net… tout commence à se connecter. Rien n’est encore parfaitement fluide. Mais les briques sont là. Et surtout, elles commencent à dialoguer entre elles.
Une suite logique
Avec le recul, ces plans — le cube, la voiture — ne sont pas juste des expérimentations isolées. Ils complètent les premiers tests fond vert réalisés sur le même projet, et participent à une exploration plus large : comment rapprocher le réel et le virtuel sans complexifier le tournage. Ce n’est pas encore une méthode, mais ça commence à ressembler à un système. Ces essais laissent entrevoir plusieurs pistes :
- mieux intégrer la lumière dans la conception des décors
- rendre le pilotage plus fluide
- aller vers des interactions encore plus directes entre moteur 3D et plateau
On est encore loin d’un plateau entièrement virtuel, mais on n’est déjà plus dans un studio “classique”. Dans la nuit, ce n’est pas un tournage spectaculaire, c’est un tournage discret, presque minimal. Mais c’est aussi un moment où le studio commence à comprendre qu’il peut faire exister des lieux… sans les construire. Et à partir de là, les possibilités changent complètement.