Un peu de fumée, beaucoup de lumière : tournage avec Colorblind pour Spike
24 juillet 2025 – NGCStudio. Il y a des équipes qu’on voit revenir régulièrement au studio, et avec lesquelles une sorte de langage commun finit par se construire au fil des projets, comme avec Pierrick, Colorblind.
On a déjà partagé pas mal de choses ensemble : des tournages, des tests, des idées parfois un peu absurdes sur le papier, et même une partie de sa présence web avec la création de son site internet. Du coup, quand il débarque au studio pour un tournage destiné à Spike, il y a déjà cette confiance implicite qui permet d’aller directement vers les idées sans passer trois heures à expliquer pourquoi remplir une pièce entière de fumée peut être une excellente décision. Et honnêtement, cette fois, on a légèrement sorti l’artillerie.
Transformer le plateau en décor de cinéma
Pour ce tournage, on utilise une machine à fumée lourde. Pas la petite brume discrète qui flotte vaguement dans un coin du plateau pour faire “clip musical”. Non. Une vraie fumée dense, refroidie, qui reste collée au sol et transforme immédiatement la perception de l’espace.
C’est toujours fascinant à observer. D’un coup, le studio paraît plus grand. Les lumières commencent à découper l’air. Les ombres gagnent du relief. Les déplacements deviennent plus lisibles, presque chorégraphiés malgré eux. Même les gestes les plus simples prennent une présence étrange.
Je crois que c’est l’une des choses qui me fascinent encore le plus dans l’image : cette capacité qu’a la lumière à transformer complètement un lieu pourtant parfaitement ordinaire quelques minutes plus tôt.
Et avec Colorblind, ce genre d’expérimentation fonctionne particulièrement bien parce qu’il sait immédiatement jouer avec ces outils-là. Pas seulement techniquement, mais visuellement. Il comprends instinctivement comment une texture lumineuse, une densité de fumée ou un simple contre-jour peuvent modifier toute l’énergie d’un plan.
Retrouver le rêve d’enfant
Au milieu de tout ça, il y a aussi quelque chose de beaucoup plus simple qui revient souvent pendant ces tournages : ce vieux rêve un peu naïf de fabriquer “des images de cinéma”.
Pas forcément au sens industrie hollywoodienne avec explosions en CGI et budget équivalent au PIB d’une petite planète de Dune. Plutôt cette sensation très précise qu’un décor banal commence soudainement à basculer dans autre chose. Qu’une pièce connue devient un univers. Que la lumière, la fumée et le mouvement créent temporairement une réalité parallèle crédible.
Et honnêtement, quand tout s’aligne correctement sur un plateau, il y a toujours ce petit moment presque enfantin où le cerveau fait simplement : “ok… là, ça fonctionne”.
Colorblind a ce talent-là. Transformer rapidement une idée technique en ambiance réelle. Faire en sorte que le dispositif disparaisse derrière la sensation produite à l’image.
Et au fond, c’est probablement pour ça que j’aime autant voir ce type de projets revenir régulièrement au studio : parce qu’ils rappellent exactement pourquoi on construit tous ces outils depuis le début. Pour fabriquer des mondes, même temporaires.