Un cyclo blanc, une boîte à lumière Godard de cinéma, et un photographe habitué aux plus grandes scènes. Le studio commence à parler aux connaisseurs.
Un cyclo blanc, pas “un lieu neutre”
Novembre 2019 – Clermont-Ferrand. Ça se décide encore une fois quelques jours avant. Julien Mignot prépare un livre pour les 20 ans de la Coopérative de Mai. Il cherche un cyclo blanc pour un shooting de groupe avec une partie de la scène clermontoise. Julien, ce n’est pas “juste” un photographe. Il a photographié certaines des plus grandes figures de la musique française et internationale. Il travaille pour des grands médias internationaux, il connaît les plateaux, les studios, les setups sérieux. On s’est déjà croisés grâce à Louis un soir. Le courant était bien passé. Simple, direct. Il regarde le plateau en photo, et je vois que quelque chose clique.
La boîte Godard
Le cyclo n’est pas parfait, mais il est blanc. Et surtout, il y a la boîte à lumière. Une immense boîte Godard, montée sur pont roulant, totalement mobile. Un système vintage de première qualité, reconnu des spécialistes. Ce genre de matériel qui ne se fabrique plus vraiment, et qui était déjà un standard haut de gamme à son époque. Julien est content :). Je réalise à ce moment-là que ce studio avait été “Disney” en son temps. Que Jacques – voisin et ancien propriétaire qui l’a fait construire – avait fait les choses bien. Vraiment bien. Le genre d’investissement sérieux, pensé pour durer. Et ça, les connaisseurs le voient immédiatement.
Petit monde, grand outil
Le jour J, ça arrive tranquillement, dont quelques visages connus. Lisa More, Romane Santarelli, Louis Delayre, Tom Cuineau, Zicol… Des artistes que je connais pour avoir travaillé avec eux, d’une façons ou d’une autre. Clips, concerts, discussions sans fin. Le setup est rapide. Julien dirige, le pont roule, la lumière se place avec une précision chirurgicale. Quelques ajustements, blagues, ça shoot. C’est fluide, Julien sait faire, très bien. Et une fois de plus, le studio fonctionne. Pas seulement “en ambiance” : comme outil professionnel.
Une petite marque invisible
Ce n’est pas un énorme événement public. Pas de live, de grande foule. Mais pour moi, c’est important : un photographe de ce niveau reconnaît ce plateau. Des artistes que je connais passent ici pour un projet qui restera dans l’histoire locale. Je serai peut-être le seul à me rappeler que ces photos ont été faites ici, mais je le sais. Et surtout, je comprends un truc : ce lieu n’est pas juste un espace vide que j’ai acheté sur un coup de tête, c’est un outil rare. Un outil qui parle aux professionnels, qui a déjà une histoire. Et moi, je viens juste de reprendre le flambeau.