NGCStudio a 16 ans !

Identités :

16 ans de NGCStudio. Et presque 20 ans de construction invisible.

Aujourd’hui, NGCStudio a officiellement 16 ans ! Et en y réfléchissant un peu… cette histoire a commencé bien avant ça. Mon premier “vrai” site web, je l’ai codé en août 2005. J’apprenais le PHP sur Le Site du Zéro, et j’avais fabriqué une sorte de réseau social artisanal avant même de savoir que MySpace existait.

Pendant que beaucoup de mes amis jouaient aux jeux vidéo, moi je passais mes soirées à construire des sites, démonter du code, comprendre comment relier des pages entre elles. Avec les 35 ans de recul que mon âge permet, je crois que je fais exactement la même chose aujourd’hui. Sauf qu’entre temps, les pages web se sont transformées en lieux physiques, en réseaux, en tournages, en systèmes lumière et en serveurs qui tournent la nuit pendant que tout le monde dort. C’est de là que vient “NGC”, au départ : “Nate’s Game : Creation”. Le 15 mars 2010, ça devient officiellement NGCStudio. Je ne pense pas que le moi de 18 ans comprenait vraiment ce qu’il était en train de lancer à ce moment-là.

Je croyais construire une activité. Je construisais un environnement.

Depuis, il s’est passé beaucoup de choses. Des clips, des live sessions, des résidences artistiques, des événements, des sites web, des expérimentations techniques improbables et une quantité probablement déraisonnable de nuits blanches passées à tirer des câbles ou déplacer des structures lumière. “Juste pour tester un truc”.

Mais surtout, il y à 7 ans, il y a eu cette maison. Petit à petit, elle a cessé d’être simplement un lieu de vie. Elle s’est transformée en outil de création. Une sorte d’espace hybride où tout finit par se mélanger : tournages, rencontres, hébergement, brainstorming improvisé, installations techniques, musique, discussions qui dérapent beaucoup trop tard autour d’un café froid et d’un switch réseau encore ouvert sur la table. Je réalise maintenant que je n’ai jamais vraiment construit une entreprise au sens classique du terme. J’ai construit un monde dans lequel je peux aujourd’hui créer plus librement, plus naturellement… et surtout faire circuler les projets autrement.

Le moment où tout a dû être reconstruit

Évidemment, le chemin n’a pas été linéaire. Il y a eu des burnout au milieu de tout ça, des vrais points de rupture. Je comprend que continuer exactement de la même manière n’est plus possible. Pendant longtemps, j’ai fonctionné avec cette idée très classique qu’il fallait simplement produire plus, avancer plus vite, accepter davantage de projets, optimiser chaque espace vide du planning. Jusqu’au moment où le système entier commence à devenir invivable, même quand on aime profondément ce qu’on construit. Je crois que cette période a complètement changé ma manière de penser le studio.

C’est là que toute la couche “invisible” a commencé à prendre énormément d’importance : les infrastructures techniques, les workflows, les automatisations, les réseaux, le stockage, les outils capables de rendre ce lieu viable sans demander une surveillance permanente de chaque détail. Petit à petit, je me suis mis à construire non pas seulement un studio… mais un écosystème capable d’absorber la complexité sans étouffer les humains qui vivent dedans, moi en tête

639 projets plus tard

Aujourd’hui, en regardant derrière moi, je commence enfin à voir apparaître quelque chose que je n’avais jamais réellement nommé jusque-là. Un écosystème créatif. Pas au sens marketing du terme, mais plutôt comme une observation technique : des projets, des outils, des gens, des identités et des idées qui se croisent constamment, se transforment ensemble et finissent par produire quelque chose de plus grand que leur somme de départ.

Aujourd’hui, il y a officiellement 639 projets documentés dans le système. Et honnêtement, ce chiffre me paraît complètement irréel quand je pense au gamin de 11 ans qui bricolait ses premiers sites web dans sa chambre sans imaginer une seule seconde qu’il passerait ensuite presque vingt ans à construire… tout ça. Le plus étrange, c’est probablement que la partie la plus importante reste encore largement invisible. Au fond, une énorme partie du projet n’a jamais vraiment été montrée : les systèmes, les connexions, les méthodes de travail, les réflexions sur la création, les outils construits pour rendre tout ça durable, humain et transmissible.

Pendant longtemps, tout ça est resté à l’arrière-plan. Mais depuis quelques mois, j’ai l’impression qu’un nouveau cycle commence doucement. Les liens deviennent plus visibles. Les projets commencent à se répondre entre eux. Ce qui paraissait séparé pendant des années commence enfin à former une image cohérente.

Aujourd’hui, on fait juste une pause

Alors aujourd’hui, je crois qu’on va simplement prendre un instant : regarder le chemin parcouru. Les erreurs. Les rencontres. Les projets terminés, ceux abandonnés, ceux qui reviennent des années plus tard sous une autre forme. Et fêter un peu ça !

Parce que si le moi de 11 ans qui bricolait ses premiers sites web voyait ce que tout ça est devenu aujourd’hui – la maison, le studio, les tournages, les résidences, les centaines de projets documentés, les gens qui traversent ce lieu et y laissent une trace – il dirait probablement que j’ai réussi quelque chose qui paraissait totalement impossible à l’époque. Et je crois qu’il aurait raison.