Showcase Boucs et Miss Hair

Live filmé au studio !

Boucs et Miss Hair : quand le studio devient une petite salle de concert

14 décembre 2025 – NGCStudio. Il y a des formats qui ressemblent à des événements, et d’autres qui ressemblent davantage à des pièces qu’on ajoute progressivement au bâtiment, comme le showcase de Boucs et Miss Hair !

À première vue, le dispositif est assez simple : un groupe de reprises pop, quelques dizaines de personnes : des proches, des musiciens, des pros. Une installation pensée pour accueillir tout le monde confortablement. Mais justement, ce que j’aime dans ce genre de soirée, c’est qu’on commence à toucher quelque chose qui dépasse un simple tournage ou une simple prestation.

Le studio devient temporairement une petite salle de concert. Pas une salle “événementielle” au sens classique du terme, avec barrières Vauban et techniciens en noir qui courent partout comme dans un DLC de The Bear. Plutôt un espace hybride : entre résidence, répétition générale, captation live et soirée entre humains qui aiment fabriquer des choses ensemble.

Simplifier la technique pour laisser vivre le moment

Pour cette session, on avait volontairement choisi un plan lumière fixe. Pas par manque d’ambition, mais presque pour la raison inverse. À force de tourner des lives, je me rends compte qu’une partie du travail consiste justement à savoir quoi ne pas compliquer.

Quand le cadre technique devient stable, l’énergie peut circuler ailleurs. Les musiciens arrêtent de penser au dispositif. Les invités oublient progressivement les caméras. Et nous, côté captation, on peut se concentrer sur les détails intéressants : une interaction, un regard, une lumière qui traverse un peu de fumée au bon moment, ou simplement cette sensation très particulière d’un lieu qui commence à vivre naturellement.

Le studio évolue doucement vers ça depuis plusieurs années. Pas seulement comme outil de production, mais comme espace capable d’accueillir du monde sans perdre son ADN technique. Le même endroit peut servir à tourner un clip, enregistrer un podcast, organiser une résidence, projeter un film ou accueillir un showcase live. Et honnêtement, voir toutes ces couches cohabiter commence à devenir assez satisfaisant.

Composer ensemble plutôt que “prester”

Côté son, le groupe et l’équipe ont installé un enregistrement multipistes, ensuite récupéré et mixé par les musiciens eux-mêmes. Ce détail peut paraître anodin, mais il raconte assez bien la philosophie du lieu.

Je n’ai jamais vraiment aimé l’idée d’un studio qui fonctionnerait uniquement comme un prestataire “boîte noire” : quelqu’un arrive, appuie sur un bouton, repart avec un fichier. Ce qui m’intéresse davantage, c’est la circulation des compétences. Les artistes apportent leur manière de jouer, leur identité, leur façon d’occuper l’espace et leurs compétences. De mon côté, on apporte l’infrastructure, la technique, l’expérience du live et de la captation. Et au milieu, il se passe quelque chose de plus intéressant qu’une simple commande exécutée proprement.

Ce showcase fonctionne un peu comme une preuve de concept grandeur nature. La preuve qu’un studio peut devenir une scène sans se déguiser en salle de concert. Qu’un dispositif relativement simple peut produire des images fortes, un bon son, et surtout une vraie sensation de proximité.

Et peut-être surtout la preuve qu’à force de répéter ce geste : accueillir, enregistrer, filmer, documenter; on finit par construire autre chose que des contenus isolés. Une continuité. Un endroit où les projets commencent à se répondre entre eux, parfois même sans qu’on s’en rende compte immédiatement.