La remise des clefs

Identités :
- Aucune identité rattachée -

Quelques semaines plus tôt, je publiais Next Step ! – Vlog#49 Je sentais qu’un cycle se terminait. Le 9 novembre 2018, on me remet des clés dans les mains. Et cette fois, ce n’est plus seulement une intention.

Après Next Step

Novembre 2026 – Orcines. À Romagnat, j’ai un studio et un appartement. Je tourne, je produis, je développe mes vlogs. L’activité fonctionne. Vu de l’extérieur, tout semble cohérent. Mais je me sens à l’étroit. Le lieu n’est pas à moi. Les murs imposent leur cadre. Je sens que ce que je veux construire dépasse l’espace disponible. Next Step n’était pas juste une vidéo. C’était un aveu : quelque chose doit bouger.

On me propose alors de reprendre un ancien centre de vacances pour en faire un lieu de vie autonome. L’idée m’obsède un moment. Campagne, communauté, technologies, indépendance. Je creuse sérieusement. Ça n’aboutit pas. Mais mes recherches commencent vraiment là.

Freelance, dossiers, et premier grand espoir

À ce moment-là, je travaille déjà avec Jean-Marc en freelance. On collabore sur des projets tech. Ça fonctionne bien. Il me propose ensuite de rejoindre sa nouvelle structure à Paris sur un gros outil de gestion de données. L’idée d’un CDI commence à émerger, mais je suis encore en freelance.

“Il ne te reste plus qu’à trouver un lieu.”

Entre-temps, j’ai rencontré Lionel Faucher, de TEDx France. On a longuement parlé de mon projet de lieu hybride, autonome, technologique, humain. Il me dit simplement : « Il ne te reste plus qu’à trouver un lieu. » En parallèle, Jean-Michel Gueugnot, photographe que je connais bien, me propose de reprendre son studio. Je me lance à fond. Presque un an de rendez-vous bancaires, de prévisionnels, de projections… Pour sécuriser le dossier, je finis par signer un CDI avec Jean-Marc. Je me dis : cette fois, c’est bon. Et puis ça ne se fait pas : Jean-Michel trouve un autre acheteur. Gros coup de frein. Je me retrouve avec un CDI à Paris, une stabilité financière, mais le projet de lieu retombe brutalement.

Un mois après l’échec du premier studio, Jean-Michel m’envoie une annonce : “C’est là que j’ai commencé la photo il y a vingt ans. Celui que je voulais te vendre était construit sur ses plans.”

150 m² de plateau. 7 mètres sous plafond. Un pont roulant avec une immense boîte à lumière. Un cyclorama 9×6 m. Des espaces de vie, un étage isolé. En pleine nature, proche de Clermont. 100 m² de plus, 100 000 € de moins. Et là, je réalise un truc simple : grâce au CDI que j’ai signé pour le premier projet… je peux acheter celui-là. La boucle est presque ironique.

La remise des clés, bordel

Encore des mois de dossier., de banque, de signatures. Et puis le 9 novembre 2018, on me remet les clés ! Je suis excité comme un gosse 🚀. Je ne mesure pas tout. Je vois surtout la hauteur sous plafond. Le volume. Le potentiel infini. Le soir même, j’ouvre la porte avec mon père. Un whisky, un cigare. On se tient au milieu du plateau vide. Je pense : “Ça y est !” Je n’ai pas encore de plan détaillé. Pas de business model solide. Pas d’identité claire. Mais j’ai un lieu. Et je sais que je ne pourrai plus me cacher derrière les murs des autres. Le reste, on le construira.