Un fond vert, quelques idées un peu ambitieuses, et une journée pour voir jusqu’où on peut aller.
16 août 2021 – NGCStudio. Ce jour-là, Ashéo arrive avec son projet de clip Rouge Sang. Univers sombre, cosmos en toile de fond, et une envie claire : sortir des décors classiques. De mon côté, ça fait déjà un moment que je creuse un sujet qui me trotte dans la tête. La production virtuelle, ces techniques utilisées sur des tournages comme The Mandalorian, où le décor n’existe plus vraiment… mais fonctionne quand même. On décide de tester. Sans pression. Si ça marche, tant mieux. Sinon, on aura appris des choses !
Un studio qui devient un terrain de jeu
On installe un fond vert sur deux pans, avec le sol, bricolé sur le plateau. Rien de définitif, mais suffisant pour commencer à projeter quelque chose de plus grand. Très vite, le studio change de nature. On ne tourne plus seulement “dans un espace”, mais dans une sorte de couche intermédiaire entre réel et virtuel. Les plans sont pensés ici, mais existeront ailleurs. Et c’est là que ça devient intéressant !
La lumière comme pont entre deux mondes
En parallèle, on est en train de développer une scénographie LED pour un autre projet. On décide de l’intégrer au tournage. Des cadres LED, des barres, pilotés en Art-Net via MadMapper, eux-mêmes alimentés par Unreal Engine. Le moteur 3D envoie ses visuels en direct, et le studio réagit en lumière. Résultat : même si le décor est ajouté plus tard, la lumière, elle, est déjà cohérente au moment du tournage. C’est encore un peu bricolé, mais ça fonctionne. Et surtout, ça ouvre une porte :).
Une évidence qui s’installe
À la fin de la journée, une chose devient claire : ce genre de setup ne peut pas rester ponctuel. Le fond vert, installé à la main, montre vite ses limites. Les réglages prennent du temps. L’uniformité n’est jamais parfaite. Et pourtant, les résultats sont suffisamment prometteurs pour donner envie d’aller plus loin. L’idée commence à s’ancrer : créer un vrai espace dédié, permanent, pensé dès le départ pour ça. Un coin du studio qui ne serait plus seulement un décor… mais un outil.
Ce tournage ne donne pas toutes les réponses. Mais il pose les bonnes questions. Comment aller vers du temps réel ? Comment suivre les mouvements de caméra ? Comment rendre tout ça plus fluide ? À ce moment-là, je commence déjà à regarder du côté du tracking, avec des systèmes comme le HTC Vive ou même l’iPhone. Rien n’est encore en place. Mais une chose est sûre : le studio vient de franchir un cap, et ce n’est que le début !