Arts et spectacles

Owl Fast Cup Series : quand le studio devient un paddock !

Le studio s’efface pour laisser place à une course… et à ceux qui la font vivre.

Sur le papier, c’était un live e-sport. En vrai, c’était un week-end entier où le studio s’est transformé en paddock… avec des simulateurs à la place des voitures.

Un week-end où le lieu change de rythme

Juin 2024 – NGCStudio. On ouvre les portes le matin, et quelques heures plus tard, le studio ne ressemble plus du tout à un studio. Quatre postes de conduite montés, des écrans partout, des câbles qui serpentent, et huit pilotes qui prennent leurs marques comme si on avait toujours fait ça. La Owl Fast Cup Series, porté par Owl Game TV, on l’accueille et on le produit ici. L’objectif est simple à dire, moins à tenir : que tout s’enchaîne sans friction. Que les pilotes puissent rouler, que les commentateurs puissent suivre, et que côté live, ça respire. En gros : que personne n’ait à penser à la technique. Sauf moi, évidemment, avec John et Ange en renforts.

Monter un circuit… et tout ce qui va avec

Avant ça, il y a deux jours de montage. Quatre simulateurs complets à assembler : sièges, volants, pédaliers, écrans, avec un setup solide fourni notamment par Next Level. Update Informatique amène les machines, Geek Office en fixe une partie en pc mural, et déjà, visuellement, on n’est plus dans un studio. Puis le setup gonfle : une caméra par pilote, quatre caméras plateau (cour, jardin, zénithale, commentateurs). Un PC dédié au suivi de course (classements, timing). Et la régie complète : OBS, son, lumière, projection, retours. À un moment, on ne compte plus vraiment. On vérifie juste que tout tient 😅. Heureusement, je ne suis pas seul : John et Ange, deux amis technicien AV de haut vol, prennent en main une grosse partie de la machine avec Arthus Event : récupération des datas, habillage, OBS, matrice vidéo… tout ce qui fait que le live devient lisible. Sans eux, ça tournerait. Avec eux, ça devient fluide, et le live gagne en qualité.

Des gens qui donnent du sens au projet

Ce qui fait vraiment la différence, ce n’est pas le matériel : c’est les gens. Romain Daurat (Dauriann) pose toute la direction artistique : identité visuelle, communication, réseaux. Le projet prend une cohérence. On n’est plus juste en train de filmer quelque chose, on construit un univers. David Bohnn, pilote et formateur FFA, apporte un regard très concret sur la course. Briefing avant départ, règles, cadre. D’un coup, on ne joue plus à la course : on s’en approche. Autour, toute l’équipe Owl Game participe : montage, régie, gestion des invités. Ça circule, ça s’entraide, ça s’ajuste en permanence. Charles, avec Proche, apporte de la matière : jantes, bidons d’huile, capot de voiture. Trois éléments, et le décor change complètement. Static habille une partie de l’équipe. Hydro Dip fabrique les trophées. Go Setup, Skin & Co… chacun ajoute une pièce au puzzle.

Et puis il y a les pilotes, les créateurs, ceux qui font vivre le live : Dose 2 Rallye, Lexor_i, V&R Racing, Ramos Turbo, Nicolas DGV, Nicosworth, Alan F1… chacun avec son énergie, son public, sa manière de jouer. Au final, ce n’est pas un événement : c’est un croisement.

Deux espaces, un seul rythme

On structure le lieu en deux zones. En bas, les pilotes. Concentration, tension, réactions immédiates. En haut, la mezzanine : les commentateurs, quatre SM7, les retours Twitch, les feeds du jeu. Un peu plus calme… mais connecté en permanence. Et entre les deux, tout circule. L’image, le son, les infos, le rythme. Le moment magique, c’est quand ça tourne sans qu’on ait besoin d’intervenir. Quand chacun trouve sa place, et que le système disparaît.

Et on héberge aussi tout le monde sur place ! L’appartement est enfin complet, et les alcôves font leur petit effet. Avec leur isolation phonique, on dort bien, on entend peu les autres, chacun a son espace. Le samedi soir, ça glisse doucement vers une soirée privée. On décompresse, on rigole, mais on garde en tête qu’il y a des courses le lendemain. Un équilibre assez rare : détendu, mais sérieux.

Quand les systèmes se rencontrent

Huit influenceurs, 2,5 millions de personnes de communauté cumulée. Sur le papier, ça pourrait être un joyeux chaos. En réalité, ça tient, parce que chacun apporte sa brique, que le lieu est prêt, et parce que le système est là. A un moment, ça bascule : ce n’est plus un studio, ni un événement. C’est un point de convergence : des machines, des humains, des idées, des usages… qui se croisent au même endroit, au même moment. Et quand ça fonctionne, c’est assez évident : c’est exactement pour ça que le lieu existe 😏